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Vers 1717 (année supposée, mais plus probablement 1721, à Londres, quatre loges – dont on ne sait si elles existaient depuis quelques jours ou de nombreuses années– se fédèrent et créent la Grande Loge de Londres et Westminster.
Les animateurs de cette nouvelle Grande Loge, en dépit de leurs dénégations, semblent avoir constitué une organisation profondément nouvelle. On ne peut que remarquer les liens de nombre d’entre eux – au premier rang desquels le huguenot français Jean-Théophile Désaguliers – avec la Royal Society et les milieux Newtoniens. Les disciples de Newton prônaient la tolérance religieuse et l’étude de la nature.
Dès 1723, la nouvelle organisation publiera ses Constitutions et règlements dont la rédaction a été confiée au pasteur, James Anderson, d’origine écossaise. Les Constitutions des francs-maçons reprennent en partie les Anciens Devoirs mais apportent également des innovations capitales, comme d’assurer aux francs-maçons la liberté de conscience.
L’article premier « concernant Dieu et la Religion » précise en effet : « quoique dans les temps anciens, les Maçons fussent obligés, dans chaque pays d’être de la religion du pays ou nation, quelle qu’elle fût, aujourd’hui il a été considéré plus normal de les astreindre seulement à cette religion sur laquelle tous les hommes sont d’accord, laissant à chacun ses propres opinions, c’est-à-dire d’être des hommes de bien et loyaux ou des hommes d’honneur et de probité ».
Tout au long du XVIIIème siècle les loges vont se multiplier en Grande Bretagne. Pour la plupart, elles se rangeront sous l’obédience des Grandes Loges d’Écosse (fondée en 1736) ou d’Angleterre (celle de 1717). Celle-ci verra apparaître une rivale en 1751, une nouvelle Grande Loge dite, « des Anciens », agrégeant également d’anciennes loges réfractaires aux réformes des « Modernes ».


