La franc-maçonnerie en France au XVIIIe siècle

C’est autour de 1725 qu’apparaissent les premières Loges en France. Elles s’implantent dans l’atmosphère libérale et anglophile de la Régence.

Dès l’origine, l’authenticité de la filiation rituelle est une préoccupation des Maçons. Dans ces premières années, les nouvelles loges sont constituées par les loges plus anciennes qui créent ainsi tout un réseau de « loges filles ».

Avant 1738, les premiers Grands-Maîtres de la franc-maçonnerie française sont des exilés britanniques résidant en France. En 1743, le comte de Clermont est élu Grand-Maître et le restera jusqu’à sa mort en 1771. Noble de haut rang – c’est un « Prince du sang », petit-fils de Louis XIV – son rôle est d’être un protecteur. Bien qu’intéressé par la franc-maçonnerie et disposant de sa propre loge, il n’exerce qu’un parrainage distant et n’intervient que rarement dans la gestion directe de l’Ordre, assurée par des « substituts ».

1738 inaugure une longue série de bulles papales d’excommunication des Francs-Maçons. Le Pape reproche à l’Ordre sa tolérance religieuse : on ne met pas sur un même plan la vérité et l’erreur ! Cependant ces bulles ne seront jamais enregistrées par les parlements français, étape obligée pour avoir force de loi, et les ecclésiastiques seront nombreux dans les loges.

Si le gouvernement du Cardinal Fleury cherche un temps, sans succès, à interdire la franc-maçonnerie, c’est qu’il y voit un repaire de Jansénistes, considérés comme des opposants à la monarchie absolue et des partisans de la liberté de conscience. C’est aussi l’époque où les cérémonies et les secrets des Maçons sont révélés au public par des livres ou des gravures.

A partir de 1740 la Maçonnerie va se diffuser largement dans toute la France. Rares sont les petites villes qui ne compteront pas de loges. Elles sont un lieu de convivialité où – bien dans l’esprit du siècle – les frères célèbrent la vertu et l’égalité. Peu à peu – et probablement de manière inconsciente – s’y développe une sociabilité libérale et démocratique qui prépare insensiblement l’avènement des idées nouvelles.

Estampe extraite de l’ouvrage Cérémonies et coutumes religieuses de tous les peuples du monde, représentées par les figures dessinées par Bernard Picard, vol. IV, Amsterdam, J. F. – Bernard
Gravure sur acier, papier, 315 x 410 mm ; 1736 ; Collection Musée de la franc-maçonnerie, Grand Orient de France

Musée GODF
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