La franc-maçonnerie et la IIIe République

Gambetta, Jules Simon, Jules Ferry… La plupart des grandes figures qui fondent la IIIe République appartiennent à la franc-maçonnerie. Pour eux l’école, le suffrage universel et la science sont les clefs du progrès. Les francs-maçons vont conduire, à marche forcée, une profonde réforme de la société française qui transforme en quelques années un pays rural et conservateur en une démocratie moderne.

Les loges et les « Convents » des années 1880-1890 élaborent des projets de lois sur la liberté de réunion (1881), l’enseignement primaire obligatoire (1882), la légalisation des syndicats, le divorce (1884), la limitation du travail des femmes et des enfants (1892), les retraites ouvrières, les premiers éléments d’un code du travail (1896) etc. Ce sont les bases de notre protection sociale moderne. Le Frère Léon Bourgeois, chef du premier gouvernement radical en 1895, la théorise sous le nom de « Solidarisme ».

C’est aussi l’époque où l’opposition entre la franc-maçonnerie et l’église catholique devient très vive. Les maçons se sont engagés dans la construction de la République alors que le Vatican dénonce la démocratie comme contraire à l’ordre de Dieu sur Terre. Le combat pour la laïcité devient alors inséparable du combat pour la démocratie.

Marianne maçonnique de Jacques France (Paul Lecreux), 1882, Bronze ; collection Musée de la franc-maçonnerie GODF
Musée GODF
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