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Entre 1800 et 1815, la Maçonnerie est à la fois favorisée et étroitement contrôlée. La bourgeoisie voit en Napoléon un rempart contre le retour de l’Ancien Régime et les dérives de la Révolution. Les élites bourgeoises qui accèdent au pouvoir grâce à la Révolution et à l’Empire ont souvent maçonné sous l’Ancien Régime. Elles restent en général fidèles à l’Ordre. Sur les 25 maréchaux d’Empire 17 sont Francs-Maçons, dont Bernadotte, Brune, Kellerman, Lannes, Mac Donald, Masséna, Mortier, Murat, Ney, Oudinot. Le Grand Maître est Joseph Bonaparte, le frère de l’Empereur, et les loges sont effectivement gouvernées par Cambacérès.
Le Grand Orient connaît alors un grand développement dans les 139 départements que compta la France impériale à son apogée. La Maçonnerie est cependant un des rares endroits où les opposants – modérés – à l’Empire sont tolérés. Ainsi les « Idéologues », Cabanis, Destutt de Tracy, Garat, qui avaient essayé d’établir sous le Directoire une République « à l’américaine », peuvent continuer à maçonner. Par ailleurs, dans toute l’Europe napoléonienne, la Maçonnerie impériale est l’outil de diffusion de la philosophie des Lumières, à laquelle étaient massivement restés fidèles les cadres de l’Empire. Les principes philosophiques et religieux de la Révolution restent à l’honneur… Seules les questions politiques sont totalement proscrites ! Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie ou Joachim Murat, roi de Naples, sont aussi Grands-Maîtres en leur royaume.
L’Empire est une période faste pour les rites et les décors maçonniques. Le Rite Français reste largement majoritaire, le Rite Ecossais Ancien et Accepté s’implante et est promis à un bel avenir, mais on pratique aussi les Rites Ecossais Philosophique, d’Heredom de Kilwinning, de Perfection ou des Ecossais Primitifs… Les tabliers deviennent somptueux et de prestigieux graveurs, comme le frère Coquardon, frappent de superbes jetons de présence de loge.
A la suite de l’expédition du Caire, la Maçonnerie verse dans une intense égyptomanie. Dans La Franc-maçonnerie rendue à sa véritable origine, Alexandre Lenoir explique les sept grades du Rite Français à la lumière des mystères de Memphis, sanctuaire de l’« initiation éternelle », et en 1813 apparaît le Rite de Misraïm ou d’Egypte.

Collection Musée de la franc-maçonnerie, GODF
