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Depuis la Renaissance, équerre et compas constituent les emblèmes de l’Architecture et de la Géométrie, art et science dont se réclamaient depuis le Moyen-Age les ouvriers tailleurs de pierre qualifiés, dénommés freemasons (« bâtisseurs excellents »). Outils de tracé et de vérification, ils pouvaient également revêtir différentes significations symboliques. Au plan moral et allégorique, dans la continuité de la tradition renaissante de l’emblématique, l’équerre peut représenter la droiture, et le compas le sens de la mesure et le discernement. Au plan cosmologique, l’équerre, par son tracé carré/quadrangulaire, peut évoquer le monde matériel (quatre éléments, quatre directions…), tandis que le compas, traçant le cercle, pourra être associé au ciel, à un principe spirituel ou divin. Leur entrelacement peut alors constituer une image du monde créé, dont l’homme, lui-même corps et âme, occupe le centre. Dans l’environnement chrétien des premiers francs-maçons, ces instruments entrelacés pouvaient également représenter le Christ, Dieu-Verbe fait chair, évoqué dans le prologue à l’Evangile de Jean, livre du Nouveau Testament sur lequel les deux outils étaient rituellement disposés à l’ouverture des travaux de loge.
