Voir aussi…
Le lendemain de la «Guerre de 14» est une période de doutes et d’interrogations pour la conscience européenne. Le progrès, la science, la démocratie n’ont pas empêché l’horreur des tranchées qui a englouti sauvagement toute une partie de la jeunesse. Les maçons n’échappent pas à cette ambiance de remise en question. D’autant que si la République, fermement installée au prix de combats et de sacrifices, a apporté beaucoup – libertés publiques, enseignement, début de protection sociale – l’usure du pouvoir commence aussi à se faire sentir. Le «Cartel des Gauches» sera le dernier grand combat politique dans lequel les loges s’engageront directement.
De ces interrogations, la personnalité d’Arthur Groussier est emblématique. Issu de la politique militante – parlementaire socialiste, il est le créateur du Code du Travail – il invite les maçons à se pencher sur leur histoire et à revisiter leur patrimoine symbolique. Oswald Wirth et sa revue Le Symbolisme, Edmond Gloton et La Chaîne d’Union, témoignent du retour d’un intérêt pour les questions spécifiquement maçonniques. Dans cette perspective, le Grand Orient réveille le Régime Ecossais Rectifié. Toujours soucieuse de la place de l’homme dans la cité, la démarche maçonnique se veut cependant plus philosophique que directement politique. Ce recentrage s’accompagne d’une active politique internationale. Grâce à l’«Association Maçonnique Internationale », la maçonnerie française établit des relations d’amitié avec la plupart des grandes obédiences européennes.
